Le Brésil est universellement connu comme le pays du football, mais il serait injuste de le réduire au seul ballon rond. Par ses spécificités géographiques, son étendue et sa culture du sport, le Brésil a vu émerger des champions dans de nombreux sports et a même parfois été un précurseur.
Football
Arrivé à São Paulo en 1894 dans les bagages de Charles Miller, le football a d’abord été réservé aux riches avant de se populariser grâce au talent de joueurs pauvres et noirs. Dans un contexte d’unité nationale exaltée par le président Getúlio Vargas, le football est devenu le sport du peuple dans les années 1930. Leônidas a été la première grande star avant l’avènement de Pelé et Garrincha, qui ont permis au Brésil de remporter sa première Coupe du monde en 1958.
Le Brésil est aujourd’hui le recordman de titres en Coupe du monde de la FIFA avec cinq trophées (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002) et est le seul pays à avoir participé à toutes les éditions du Mondial. Le football brésilien est aussi synonyme de beau jeu, le « joga bonito » en Europe ou le « futebol-arte » au Brésil, grâce à des joueurs techniques et spectaculaires au fil des générations, dernièrement Ronaldo, Ronaldinho ou encore Neymar. Certains attribuent ce style basé sur l’évitement, la « ginga » que l’on retrouve également dans la capoeira, à la stratégie des joueurs noirs pour échapper à la violence des Blancs, même si la réalité historique est plus nuancée.

Le football est une religion au Brésil, mais la sélection nationale souffre d’un désamour depuis plusieurs années. La défaite 7-1 contre l’Allemagne lors de la Coupe du monde 2014 à domicile, l’image des joueurs actuels, jugés moins bons que les générations précédentes et évoluant en Europe, les résultats décevants ou encore les liens entre le maillot jaune et l’extrême-droite expliquent ce désintérêt. En revanche, les Brésiliens restent très attachés aux clubs locaux et se passionnent de manière épisodique pour la sélection féminine, médaillée d’argent à trois reprises aux Jeux Olympiques. L’idole nationale est Marta, meilleure buteuse de l’histoire de la Coupe du Monde.
Futsal
Au-delà du football, de nombreuses pratiques associées à ce sport sont également symboles du Brésil. Le futsal, ou foot en salle, est créé en Uruguay par un professeur argentin, Juan Carlos Ceriani. En 1930, l’Uruguay accueille la première Coupe du monde de football et Ceriani cherche un moyen de développer la pratique du sport malgré un nombre limité de terrains. Se basant sur les règles du football, du handball, du basket-ball et du water-polo, Ceriani invente un nouveau sport en salle, importé à São Paulo à partir de 1935. Il oppose deux équipes de cinq joueurs et les règles favorisent le jeu rapide.

Le Brésil adopte rapidement le futsal et de très nombreuses stars du football brésilien sont d’abord passées par le futsal. Une fédération internationale est créée en 1971 et a comme siège Rio de Janeiro. Le premier championnat du monde a lieu en 1982 à São Paulo et est remporté par le Brésil, qui s’adjuge le deuxième Mondial en 1985. La défaite en finale contre le Paraguay en 1988 met fin à une série de 920 victoires du Brésil, série entamée en 1957 ! Après une lutte de pouvoir, la FIFA récupère l’organisation de la Coupe du monde à partir de 1989. Le Brésil remporte les trois premières éditions et ne rate qu’une seule fois le podium final, en 2016. Les deux meilleurs buteurs de la Coupe du monde sont brésiliens : Manoel Tobias et Falcão, considérés avec le portugais Ricardinho comme les meilleurs joueurs de l’histoire de la discipline.
Beach-soccer (futebol de areia)
Autre sport dérivé du football et indissociable du Brésil en général et de la plage de Copacabana en particulier, le beach-soccer, ou « futebol de areia ». Pratiqué dès les années 1930 et organisé à partir des années 1960, le football de plage se dote d’un championnat du monde en 1995. Les six premières éditions du Mondial sont organisées sur la plage de Copacabana et remportées par le Brésil. Des anciens grands joueurs de football ont participé au tournoi, comme Zico et Júnior. En 2005, la FIFA récupère l’organisation de la Coupe du Monde, avec toujours une domination du Brésil, qui remporte 13 des 23 éditions. Neném, vainqueur à neuf reprises du Mondial, est considéré comme le plus grand joueur brésilien de beach-soccer.

Sur les plages de Rio de Janeiro, on pratique également le futevôlei (mélange entre beach-volley et football et pratiqué par de grands joueurs brésiliens comme Romário ou Renato Gaúcho) et l’altinha, appelé en France la « brésilienne ». Des championnats sont organisés et regroupent des équipes de quatre joueurs, dont obligatoirement une femme. Sans faire tomber le ballon, les participants doivent réussir des gestes plus ou moins difficiles afin de marquer des points.
Cécifoot
Je ferme le chapitre football avec le cécifoot (football à cinq déficients visuels), où le Brésil est également un pionnier. Le sport a commencé à être pratiqué au Brésil dans les années 1930 et un premier championnat national a eu lieu à la fin des années 1970. En 1998, le pays du ballon rond a également accueilli et remporté le premier championnat de cécifoot, devenu une discipline paralympique à partir de 2004. Le Brésil remporte les cinq premières paralympiades avant de céder son titre à la France en 2024.
Volley-ball (voleibol de quadra)
Autre sport collectif qui peut être pratiqué sur la plage, le volley-ball est l’un des sports les plus populaires au Brésil, bien qu’il souffre de tenaces préjugés. Dans les gymnases et cours d’école, les garçons sont supposés jouer au football alors que le volley-ball est réservé aux filles ou aux garçons homosexuels. Malgré des campagnes de sensibilisation, les actes d’homophobie restent malheureusement fréquents.
Le Brésil a organisé (et remporté) le premier championnat sud-américain en 1951, mais c’est dans les années 1970-1980 que le volley-ball s’est popularisé au pays du football. Tout puissant sur le continent (le Brésil a remporté 33 des 35 éditions du championnat sud-américain), le pays connaît un âge d’or au début des années 2000 en remportant trois championnats du monde consécutifs et sept ligues mondiales au cours de la décennie. Le Brésil remporte également les Jeux Olympiques en 1992, 2004 et 2016 à domicile, ainsi que trois médailles d’argent en 1984, 2008 et 2012. Giba est considéré comme le plus grand joueur brésilien de volley-ball, devant Serginho et Bernardinho, reconverti avec succès comme entraîneur.

L’équipe nationale féminine a remporté tous les éditions du championnat sud-américain depuis 1995 (15 titres consécutifs) ainsi l’or olympique en 2008 et 2012, mais court toujours après un premier championnat du monde ou une Ligue des nations. Double championne olympique, Sheilla Castro est considérée comme l’une des meilleures joueuses du Brésil, aux côtés d’Ana Moser. Ministre des Sports sous le gouvernement de Lula, Ana Moser est devenue la première ministre ouvertement lesbienne au Brésil.
Le Brésil a également d’excellents résultats en volley-ball de plage, qui s’est développé à Rio de Janeiro dans les années 1950. Sport olympique depuis 1996 et disputé par des équipes de deux joueurs, le « voleibol de praia » a déjà permis au Brésil de remporter 14 médailles : huit pour les filles (dont deux en or en 1996 et 2024) et six pour les garçons, titrés en 2004 à Athènes et en 2016 à Rio de Janeiro. Un championnat du monde non-officiel a également été disputé à Rio de Janeiro entre 1987 et 1996 avant d’être organisé par la fédération internationale de volley-ball à partir de 1997. Le Brésil est le pays le plus souvent sacré, aussi bien chez les hommes (sept titres) que chez les femmes (six titres).
Basket-ball
Le basket-ball est arrivé très tôt au Brésil, dès 1896, où il a été introduit par Augusto Louis, professeur américain à l’université Mackenzie de São Paulo. À Rio de Janeiro, les grands clubs de football ont rapidement fondé une section de basket-ball et le premier championnat a été remporté par Flamengo en 1919. L’équipe nationale masculine a disputé son premier match en 1922 et a remporté le championnat du monde en 1959 et 1963 sous la direction de Kanela, également entraîneur de football et de water-polo. Un championnat national est organisé depuis 1965, avec une nouvelle formule basée sur la NBA, créée en 2008.
De nombreux joueurs brésiliens ont joué en NBA, le premier étant Rolando Ferreira en 1988. Parmi les Brésiliens, le pivot Nenê a disputé un record de 17 saisons NBA, marquant plus de 10 000 points en carrière. Élu meilleur sixième homme de la ligue en 2007, Leandro Barbosa possède le record brésilien de 41 points en un match. Thiago Splitter est devenu en 2014 le premier Brésilien champion NBA avec les Spurs puis le premier à entraîner une équipe NBA, les Portland Blazers en 2025.
Le meilleur joueur brésilien de l’histoire est cependant Oscar Schmidt. Drafté par les New Jersey Nets en 1984, Oscar Schmidt refuse le monde de la NBA car il aurait été forcé de renoncer à l’équipe nationale. L’ailier de 2m05 est récompensé de son choix en 1987 lorsqu’il remporte avec le Brésil le championnat pan-américain. En finale, il marque 47 points pour venir à bout des États-Unis de David Robinson. Aux Jeux Olympiques, Mão Santa (Sainte Main) est le meilleur marqueur de l’histoire en carrière (1 093 points) et sur un match (55 points), terminant meilleur scoreur du tournoi en 1988, 1992 et 1996.
L’équipe de basket-ball la plus mythique du Brésil est l’équipe nationale féminine du duo Magic Paula – Hortência, meilleures marqueuses de l’histoire de la sélection. Elles remportent les Jeux pan-américains 1991 et le championnat du monde 1994 en battant de manière épique les États-Unis puis la Chine en finale. Jusque-là, seuls les États-Unis et l’Union soviétique avaient remporté le championnat du monde féminin. Le Brésil compte également deux médailles olympiques, en argent en 1996 et en bronze en 2000.
Formule 1
Le Brésil a vu passer de nombreux pilotes de Formule 1, le premier étant Chico Landi, pilote d’origine italienne qui participe à sept Grands Prix à partir de 1951. La première victoire brésilienne en Grand Prix a lieu en 1970 aux États-Unis grâce à Emerson Fittipaldi, premier pilote brésilien champion du monde en 1972 puis 1974. Le Brésil accueille à partir de 1973 une course de Formule 1, sur le circuit d’Interlagos à São Paulo. Emerson Fittipaldi remporte les deux premières éditions et est imité l’année suivante par un autre Brésilien, José Carlos Pace, qui remporte là son seul Grand Prix en Formule 1. Le circuit porte d’ailleurs officiellement le nom de José Carlos Pace, décédé en 1977 dans un accident d’avion.
Dans les années 1980, le Grand Prix du Brésil a lieu à Rio de Janeiro, sur le circuit de Jacarepaguá. Il est remporté à deux reprises par le carioca Nelson Piquet, sacré champion du monde en 1981, 1983 et 1987. Le plus grand pilote brésilien est cependant Ayrton Senna, champion du monde pour la première fois en 1988. En 1991, alors que le Grand Prix du Brésil a fait son retour à São Paulo, il triomphe enfin à domicile au bout d’une course mémorable. Dans une période marquée au Brésil par la corruption, les inégalités sociales et l’hyperinflation, Ayrton Senna est peut-être la plus grande idole sportive du pays, devant même le Roi Pelé. Sacré en 1990 et 1991, il vise un quatrième titre mondial en 1994, mais décède tragiquement sur le circuit d’Imola.

Depuis, aucun pilote brésilien n’est parvenu à être champion du monde, même si Rubens Barrichello a aidé l’écurie Ferrari à remporter cinq titres consécutifs des constructeurs et Felipe Massa est passé à un point (et un virage) de remporter le titre en 2008. Sa victoire lors du GP de São Paulo est encore la dernière obtenue à ce jour par un pilote brésilien.
Tennis
Le tennis, autre sport associé à l’élite, reste assez confidentiel au Brésil. Le premier tournoi brésilien inscrit au calendrier ATP/WTA a eu lieu en 1977 et s’est consolidé dans les années 1980. Actuellement, il y a un tournoi WTA 250 chez les femmes à São Paulo et un tournoi ATP 500 à Rio de Janeiro pour les hommes. Les deux compétitions se jouent sur terre battue.
La terre battue a consacré le plus grand joueur brésilien, Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros. En 1997, alors 66e joueur mondial, il élimine les trois derniers vainqueurs du tournoi et devient le premier Brésilien à remporter un tournoi masculin du Grand Chelem. Il remporte à nouveau le tournoi parisien en 2000, année où il termine numéro 1 mondial, et en 2001. Chez les femmes, la plus grande Brésilienne est Maria Esther Bueno, qui remporte en simple trois fois Wimbledon et quatre fois le tournoi des États-Unis en simple avant les débuts de l’ère Open. En double, elle réalise le Grand chelem calendaire en 1960 en remportant les quatre tournois les plus prestigieux du tennis.

D’autres joueurs brésiliens ont remporté un Grand chelem en double, le premier étant Thomaz Koch, vainqueur en double mixte à Roland-Garros en 1975 et considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la Coupe Davis, avec 74 victoires. Chez les femmes, la paire Luisa Stefani – Laura Pigossi a offert au tennis brésilien sa première médaille olympique, décrochant le bronze à Tokyo en 2021.
Le tennis connaît dernièrement un regain d’intérêt au Brésil grâce au jeune prodige João Fonseca et à la pratique du beach-tennis, arrivé en 2008 sur les plages de Rio de Janeiro. De plus en plus de Brésiliens pratiquent cette discipline adaptée au mode de vie carioca et certains font partie des meilleurs joueurs du monde.
MMA (arts martiaux mixtes)
Le Brésil est un pionnier pour les arts martiaux mixtes, dont l’origine remonte à la fin du XIXe siècle avec l’arrivée de nombreux Japonais au Brésil. Mitsuyo Maéda enseigne le judo et le jiu-jitsu à Carlos Gracie, fils de Gastão Gracie, un entrepreneur qui a aidé Maéda à s’établir au Brésil. Avec son frère Hélio Gracie, Carlos développe le jiu-jitsu brésilien et l’enseigne à ses plus jeunes frères au sein de l’Académie Gracie, fondée en 1926. Depuis, le clan Gracie s’étend sur quatre générations et a connu des dizaines de combattants, dont Kyra Gracie, championne du monde de jiu-jitsu en 2008 et 2009.

Dans les années 1920, Carlos organise le « Gracie Challenge », des combats en « vale-tudo » (sans règle), où ses élèves affrontent des judokas, des boxeurs ou des pratiquants de capoeira afin de voir quel art martial l’emporte sur les autres. Rorion Gracie, fils d’Hélio, émigre aux États-Unis et reprend l’idée de son oncle. En 1993, le premier événement de l’UFC oppose huit combattants de différentes disciplines : boxe anglaise, boxe française, taekwondo, kick-boxing, karaté, sumo et catch wrestling. Représentant du jiu-jitsu brésilien, Royce Gracie, frère de Rorion, remporte ses trois combats par soumission et devient le premier champion de l’UFC.
Depuis, les règles de combat se sont développées afin d’améliorer la sécurité et favoriser le spectacle. Les combattants combinent désormais striking (boxe pied-poing debout visant un KO) et grappling (amenée au sol et lutte visant une soumission). Plus d’une vingtaine de Brésiliens ont été champions de l’UFC, la ligue principale de MMA (mixed martial arts). Anderson Silva, champion des poids moyens de 2006 à 2013, possède le plus long règne de l’histoire de l’UFC. Parmi les Brésiliens, son record de 11 victoires de championnat est partagé avec Amanda Nunes, considérée comme la plus grande combattante de l’histoire du MMA.
Sports olympiques
Au-delà des sports populaires, les Brésiliens se passionnent occasionnellement pour d’autres sports et des grands champions, notamment lors des Jeux Olympiques. Le Brésil participe pour la première fois en 1920 et obtient une médaille, Guilherme Paraense, militaire de profession, décrochant l’or au tir sportif. En 1932, la nageuse Maria Lenk est la première sud-américaine à participer aux Jeux Olympiques. Le Brésil doit attendre 1952 pour obtenir une nouvelle médaille. Adhemar da Silva, spécialiste du triple saut, bat le record olympique à Helsinki puis quatre ans plus tard à Melbourne. Pour l’anecdote, les deux étoiles dorées sur le logo du São Paulo Futebol Clube symbolisent les records du monde et olympique d’Adhemar da Silva.
Depuis les Jeux de Moscou en 1980, le Brésil a remporté au moins une médaille d’or à chaque édition, à la seule exception de Sydney en 2000. On retrouve des champions dans de nombreux sports individuels : voile (Robert Scheidt en 1996 et 2004), équitation (Rodrigo Pessoa obtient l’or en 2004 après le bronze en 1996 et 2000), natation (César Cielo bat le record olympique en 50 mètres libre en 2008), athlétisme (la sauteuse en longueur Maurren Maggi devient en 2008 la première Brésilienne championne en individuel), gymnastique (Arthur Zanetti en 2012, Rebeca Andrade en 2021 et 2024) ou encore judo (Rafaela Silva est sacrée chez elle à Rio en 2016). Enfin, côté JO d’hiver, Lucas Pinheiro Braathen, norvégien par son père et brésilien par sa mère, offre au Brésil sa première médaille en 2026, décrochant l’or en slalom géant.

Pour finir, un moment marquant des Jeux Olympiques a lieu lors du Marathon à Athènes en 2004. En tête de la course au 35e kilomètre, Vanderlei de Lima est bousculé par un spectateur qui échappe à la sécurité. L’athlète brésilien perd une avance décisive, mais parvient à obtenir la médaille de bronze. Grâce à son attitude positive, Vanderlei de Lima est décoré de la médaille Pierre-de-Coubertin et est choisi comme dernier relayeur de la flamme olympique lors des Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.





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