Rio de Janeiro n’est pas particulièrement célèbre pour ses musées. La ville compte pourtant de nombreux centres culturels d’intérêt, aussi bien par leur localisation, leur architecture ou les thèmes abordés. La pluie s’invitant régulièrement au programme carioca, il est intéressant de connaître les options en intérieur au sein de la Ville Merveilleuse.
Je commence cet article malheureusement par une tragédie : l’incendie du Musée national situé dans l’ancien palais impérial de São Cristóvão. Les subventions gouvernementales ont été divisées par deux entre 2013 et 2017, ce qui a repoussé l’amélioration de la sécurité du bâtiment, considérée comme déficiente. En 2018, alors que le musée fêtait ses 200 ans, un incendie s’est déclaré et a ravagé une grande partie du musée, entraînant la perte de milliers de pièces, notamment en archéologie et sur les civilisations amérindiennes. Le musée a rouvert en 2025 de façon très partielle et reste limité aux visites de groupes scolaires.
Museu do Amanhã (Musée de Demain)
Le Museu do Amanhã (Musée de Demain) était en 2019 le musée le plus visité du Brésil et le seul à se trouver à Rio de Janeiro parmi les dix musées les plus visités. Inauguré en 2015, il fait partie du projet de rénovation de la zone portuaire. Situé sur la place Mauá, le Musée de Demain s’intéresse, comme son nom l’indique, au futur. L’exposition principale mélange les supports et invite à une réflexion sur l’univers, la planète Terre ou encore l’influence de l’homme sur les sociétés et l’environnement.

J’ai particulièrement aimé l’interactivité et la diversité des contenus, ainsi que le bâtiment en lui-même, conçu par l’architecte espagnol Santiago Calatrava. Le musée est ouvert tous les jours de la semaine (sauf le mercredi), dimanche compris, et le billet coûte 40 reais.
Museu de Arte (Musée d’Art)
À proximité du Museu do Amanhã, vous pouvez visiter le Museu de Arte, qui fait également partie du projet de rénovation Porto Maravilha. Inauguré en 2013, il regroupe deux bâtiments : une ancienne gare de bus rénovée dans un style moderniste et le Palacete Dom João VI des années 1910. Le musée mélange justement histoire et modernité en s’intéressant particulièrement à la ville de Rio. Ce n’est pas le musée le plus indispensable, mais il peut être couplé avec le Museu do Amanhã et offre une belle vue sur la zone portuaire. Comme son musée voisin, le MAR est fermé le mercredi et le billet coûte 20 reais.
Museu Histórico Nacional (Musée historique national)

Le Museu Histórico Nacional est un incontournable pour les passionnés d’histoire. Il se situe dans le centre de Rio et a été inauguré en 1922 pour le centenaire de l’indépendance, revenant sur 500 ans d’histoire au Brésil et même sur la période pré-coloniale. Les explications sont en portugais et en anglais et permettent de comprendre les différentes périodes de l’histoire brésilienne.
J’ai aimé la diversité et la richesse des objets du musée. Certains reviennent sur des moments-clés du Brésil, comme le bureau de Pedro I lors de la déclaration d’indépendance, le trône de Pedro II ou encore la plume utilisée par la princesse Isabel pour signer la loi de l’abolition de l’esclavage. Le monde contemporain n’est pas non plus oublié et complète le musée. Le Museu Histórico Nacional, ouvert du mercredi au dimanche, est actuellement gratuit, il n’y a donc plus de raison de passer à côté.
Museu da República (Palácio do Catete)
Le Palais du Catete a d’abord été le siège de la République de 1897 à 1960, année où Rio de Janeiro a été remplacé par Brasília comme capitale du Brésil. La même année, le palais a été transformé en Musée de la République. Le musée se visite rapidement et permet de voir des endroits chargés d’histoire, comme le salon ministériel, la chapelle et la chambre présidentielle, où s’est suicidé en 1954 le président Getúlio Vargas.
Le Palais du Catete, au style néoclassique, est l’un si ce n’est le plus beau palais du Brésil. Il est complété par un somptueux jardin où il est très agréable de se reposer. Comme le MHN, le Museu da República est gratuit et ouvert du mercredi au dimanche alors que le jardin est accessible tous les jours de la semaine.

Museu da História e da Cultura Afro-Brasileira (Musée de l’histoire et de la culture afro-brésilienne)
J’aurais aimé parler du Musée national des peuples indigènes, fondé en 1953 par l’homme politique et descendant de Tupinambas, Darcy Ribeiro, mais, faute de moyens, le musée est fermé depuis de nombreuses années. Le Musée de l’histoire et de la culture afro-brésilienne rend hommage pour sa part aux peuples venus d’Afrique, autre population indissociable de l’histoire du Brésil. Le musée, inauguré en 2017, se situe dans la région de Pequena África, près du port de Rio où les esclaves étaient débarqués. Le lieu est donc chargé d’histoire puisque le Cais do Valongo a été le plus grand port négrier du monde. Le musée revient sur l’histoire, la résistance, mais aussi l’art et l’avenir, promouvant « le dialogue entre mémoire, identité et contemporanéité ».

Présenté comme un musée de territoire, il est composé de quinze lieux de mémoire, comme le port Cais do Valongo, le cimetière des Pretos Novos, l’église Santa Rita ou encore Pedra do Sal et sa célèbre roda de samba. Le musée dispose également d’une bibliothèque et d’un centre de recherche. Les textes explicatifs sont en portugais et en anglais et le MUHCAB, ouvert du mardi au dimanche, est gratuit. Plus qu’une possibilité, le musée me semble nécessaire pour mieux comprendre la ville de Rio et son héritage.
Parque das Ruínas (Parc des ruines) et Chácara do Céu

Le Parque das Ruínas a été la demeure de Laurinda Santos Lobo, mécène qui vivait entre Rio de Janeiro et Paris. Espace de rencontre entre artistes et intellectuels entre les années 1920 et 1940, le lieu a ensuite été abandonné puis occupé par des personnes sans domicile fixe. Situé dans le charmant et touristique quartier de Santa Teresa, l’hôtel particulier a été récupéré dans les années 1990 par l’État de Rio de Janeiro, qui a conservé les ruines et inauguré un centre culturel. Accessible gratuitement tous les jours de la semaine à l’exception du mardi, le centre culturel Glória Maria dispose d’une galerie d’art et d’un restaurant. Le lieu, mélangeant vestiges du passé et modernisme, est complété par un jardin et plusieurs terrasses pour une vue à 360 degrés sur Rio. Il est ainsi possible de voir de près le mythique tramway de Santa Teresa et au loin le Pain de Sucre ou le Christ-Rédempteur.

Vous pouvez également profiter d’être dans le quartier pour visiter le musée de Chácara do Céu, ancienne demeure de Raymundo Ottoni Castro Maya, un homme d’affaires brésilien. La maison, reconstruite dans un style moderniste, est dédiée à l’art européen et à l’art brésilien, avec notamment de nombreux dessins de Jean-Baptiste Debret, peintre français et principal nom de la Mission artistique au Brésil en 1816. Le musée, gratuit et ouvert cinq jours de la semaine (fermé le mercredi et le dimanche), vaut surtout le détour pour l’endroit en lui-même.
Forte de Copacabana (Fort de Copacabana)

J’avais parlé du Fort de Copacabana dans mes coups de cœur à Rio puisqu’il est possible d’y déjeuner dans la traditionnelle Confeitaria Colombo et d’avoir une vue privilégiée sur toute la plage de Copacabana. L’endroit abrite également le Museu Histórico do Exército (Musée historique de l’Armée), ouvert du mardi au dimanche avec une entrée à 10 reais. Le musée n’est pas un incontournable selon moi, d’autant plus qu’il n’y a pas d’explications en anglais, mais ce ne doit pas être une raison pour passer à côté du Fort de Copacabana…
Centro Cultural Banco do Brasil (Centre culturel de la Banque du Brésil)
Le Centro Cultural Banco do Brasil peut être oublié lorsqu’il s’agit des musées de Rio, mais il reste très intéressant, notamment pour son magnifique bâtiment dans un style néoclassique. L’édifice date de 1906 et a été le siège de la Banque du Brésil avant son déménagement à Brasília. Fondée en 1808 lors de l’arrivée de la famille royale du Portugal, la Banque du Brésil promeut désormais l’art et la culture au sein du CCBB.
Du mercredi au lundi, vous pouvez profiter gratuitement d’une exposition permanente permettant de découvrir l’histoire du Brésil à travers le prisme de la monnaie. Il y a également de nombreuses expositions, projections et spectacles, certains événements étant gratuits. La programmation est accessible directement sur le site du CCBB.
Biblioteca Nacional do Brasil (Bibliothèque nationale du Brésil) et Real Gabinete Leitura (Cabinet royal portugais de lecture)
Autre institution qui a été fondée lors de l’arrivée de la famille royale du Portugal, la Bibliothèque nationale du Brésil. Les livres de la bibliothèque de Lisbonne ont d’ailleurs été oubliés sur le port lors du départ précipité de la noblesse portugaise et sont arrivés progressivement à Rio de Janeiro entre 1810 et 1811. Le bâtiment actuel a été inauguré pour le centenaire de l’institution, en 1910, et abrite aujourd’hui la plus grande bibliothèque d’Amérique latine avec plus de 9 millions d’ouvrages.
Une visite guidée est possible tous les jours de la semaine, de 11 heures à 16 heures, pour découvrir les différentes salles de la bibliothèque. Il est également possible de consulter sur place de nombreux livres. Je me suis rendu très régulièrement à la BN pour effectuer des recherches sur le football brésilien et je peux également dire que le personnel est très serviable et sympathique.

Le cabinet royal portugais de lecture est quant à lui considéré comme l’une des plus belles bibliothèques du monde. La bibliothèque a été fondée en 1837 par des immigrés portugais afin de promouvoir la culture du Portugal dans ce qui était alors la capitale de l’empire. Le bâtiment actuel a été inauguré en 1887 par la princesse Isabel et a accueilli les cinq premières sessions de l’Académie brésilienne des lettres, fondée en 1897. La salle des livres est époustouflante et il est possible de s’y rendre tous les jours de la semaine, de manière gratuite.
Museu do Samba (Musée de la Samba)
Lorsqu’on parle du Brésil, on pense immédiatement au football et à la musique. Le Musée de la Samba a été fondé en 2001 et se situe au pied de la favela de Mangueira, siège de l’une des plus prestigieuses écoles de samba de Rio. Le musée, accessible du mardi au samedi pour 20 reais, débute par une pièce avec divers objets permettant d’imaginer la grandeur du carnaval. Il y a aux murs des portraits des grands noms de la samba et la possibilité d’utiliser des accessoires pour se déguiser et entrer directement dans l’ambiance.

Il y a ensuite un film d’une vingtaine de minutes qui revient parfaitement sur l’histoire de la samba et ses particularités. J’ai beaucoup aimé le début de la visite, et nettement moins la suite. J’ai trouvé que cela manquait d’informations et que le musée était très centré sur l’école de Mangueira puisqu’il a été fondé par les petits-enfants de Cartola, fondateur de Mangueira. Même en étant torcedor de cette école, j’aurais aimé voir plus de contenus concernant les autres escolas du carnaval, comme Beija-Flor, Portela ou Salgueiro. Un musée de la samba est nécessaire tant cette musique s’inscrit dans l’histoire et la culture de Rio, mais à moins d’être fasciné par le carnaval, je pense qu’il y a mieux à faire dans la Ville Merveilleuse.
Tour Maracanã

Autre passion du Brésilien – et la mienne – le futebol. Pour s’en rendre compte, il n’y a rien de mieux que d’assister à un match au Maracanã. Si vous ne le pouvez pas, ou même en complément, vous pouvez visiter le stade vide. Le tour est ouvert tous les jours de la semaine, mais ferme plus tôt les jours de match. Il s’agit d’une visite classique d’un stade, avec accès aux vestiaires, à la salle de presse et au banc de touche (et même un bout de pelouse), permettant de voir à quel point le stade est gigantesque.
La différence avec les autres stades est le stade lui-même, le mythique Maracanã. Il y a ainsi une exposition qui rend hommage aux grands joueurs du passé à travers la fameuse Calçada da Fama, où les joueurs déposent une empreinte de leurs pieds. Il y a également quelques pièces d’exception comme le ballon de la Coupe du Monde 1950, le filet où Pelé a marqué son millième but ou les chaussures de Garrincha et un maillot de Zico. Même si j’ai préféré l’excellent Museu do futebol à São Paulo, le Tour Maracanã est très intéressant et n’est pas réservé aux seuls fans de football. Seul point noir, le prix élevé de la visite, puisque le billet coûte 94 reais.
Bonus : Museu de Arte Contemporânea de Niterói (Musée d’Art contemporain de Niterói)

Je mets le Musée d’Art contemporain dans les bonus, puisqu’il ne se situe pas à Rio de Janeiro, mais à Niterói, la ville qui fait face à Rio. Pour s’y rendre, il faut prendre un bateau depuis la Praça XV ou emprunter le pont Rio-Niterói. Le MAC, dessiné par l’immortel Oscar Niemeyer, rappelle un OVNI, avec une galerie panoramique qui permet d’admirer la Baie de Guanabara, le Pain de Sucre, le Christ-Rédempteur et la ville de Niterói. Même si vous n’êtes pas fan d’art contemporain et du style rétrofuturiste, le musée, accessible du mardi au dimanche pour un ticket à 20 reais, vaut assurément le coup, tant pour son architecture que pour la vue qu’il offre sur la Ville Merveilleuse…






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