La plage est un incontournable à Rio et est même considérée comme l’un des endroits les plus démocratiques de la ville, fréquentée par tous les habitants de la ville. La réalité est cependant plus contrastée et les différences de classes restent présentes. Toujours est-il que les cariocas adorent aller à la plage. Avant de mettre la crème solaire (à ne pas oublier !) et planter ses tongs dans le sable, petit tour des plages à fréquenter et des prix pratiqués.

Les plages de la Zone Sud sont libres d’accès et vous pouvez vous y installer avec votre canga, un paréo que les Brésiliens utilisent à la place de la serviette de plage. Si vous voulez éviter d’être trop vite étiqueté gringo, il faudra investir dans une canga pour quelques dizaines de reais. Rapide à sécher, elle pourra en plus servir de vêtement lorsqu’il sera l’heure de quitter la plage. Pour être confortablement installés, les cariocas ont l’habitude de réserver parasol (guarda-sol) et chaises de plage (cadeiras). Ils peuvent être loués dans des quiosques ou barracas, qui sont le long de la plage à même le sable et peuvent être repérés grâce à un numéro présent sur la banderole ou la bâche de la barraca.
Les prix
Les prix varient selon la plage et le client, les touristes pouvant payer un peu plus cher (« pra gringo é mais caro »). Les prix pour les cariocas sont d’environ 15-20 reais pour le parasol et entre 7 et 10 reais pour la chaise selon la plage et la période. Il vaut donc mieux demander le prix avant la réservation et même si les prix annoncés sont légèrement supérieurs à ceux annoncés ici, considérez que cela reste très abordable pour ceux qui ont un salaire européen avec un taux actuel d’un euro pour 6 reais. Les prix indiqués ici ont pour but d’éviter les véritables arnaques aux touristes qui peuvent malheureusement arriver, avec une conta qui peut rapidement atteindre la cinquantaine d’euros.
Les barracas proposent des boissons (eau de coco, soda, bières, caipirinhas) et la carte des prix est disponible. De nombreux vendeurs ambulants proposent également boissons et nourriture. La caipirinha, boisson symbole du pays (les cariocas préfèrent pourtant la bière) est un cocktail à base de cachaça (eau-de-vie fabriquée à partir de jus de canne à sucre), avec de la glace pilée, du sucre et des fruits. La classique est faite avec du citron (limão), mais d’autres fruits sont possibles comme les fruits de la passion (maracuja), mangue (manga), kiwi et ma préférée, la fraise (morango). Les prix varient selon la quantité, entre 12 et 25 reais.

Pour ceux qui préfèrent une boisson sans alcool, il est possible de prendre un mate, un thé glacé où on peut ajouter du jus de citron (mate com limão), fruit de la passion ou gingembre. L’autre classique des plages de Rio est l’água de coco, où une paille est directement plantée dans la noix de coco. Pour manger, le biscuit Globo à base de farine de tapioca est également un classique, avec sa version sucrée (emballage rouge) ou salée (emballage vert). Autres possibilités, les fameux beignets de viande ou de fromage (pasteis de carne ou queijo), du fromage cuit (queijo coalho) et des brochettes de viande (espeto de carne). Pour se rafraîchir avec une note sucrée, les options sont des glaces (sorvete ou sacolé) et l’incontournable açaí carioca, un fruit d’Amazonie glacé auquel on peut ajouter divers ingrédients sucrés. Pour chacune des possibilités, comptez entre 7 et 10 reais et un peu plus pour l’açaí.
Les plages de Rio
Maintenant que vous en savez plus sur les options à la plage, intéressons-nous aux plages en elles-mêmes, très variées à Rio de Janeiro. Les plages de la Zone Sud de Rio sont équipées de postes de santé, espacés chacun d’environ un kilomètre, et qui deviennent des points de repères, du posto 1 à Leme jusqu’au posto 13 à São Conrado. Les plages les plus mythiques sont celles de Copacabana (postos 2 à 5) et Ipanema (postos 7 à 10) et sont animées tous les jours de la semaine. J’aime beaucoup les deux, Copacabana pour son activité, sa largeur incroyable et les bâtiments le long de l’avenue Atlântica. Elle est plus fréquentée par les touristes étrangers et les arnaques ou vols à proximité de la plage peuvent donc être plus courants. Les vendeurs ambulants passent sans arrêt et vous ne manquerez de rien. Ipanema me semble plus authentique et fréquentée par les Brésiliens, notamment par les surfeurs au posto 7 ou la communauté LGBT entre les postos 8 et 9. Le coucher de soleil, sur la montagne des Deux Frères (Dois Irmãos) est magnifique. Donc à choisir, plutôt Copacabana le matin et Ipanema l’après-midi.

Pour ceux qui veulent plus de tranquillité, notamment le week-end où les plages sont prises d’assaut, j’aime beaucoup la plage de Leme, collée à celle de Copacabana. L’un de mes autres coups de cœur est la sublime Praia Vermelha à Urca, au pied du Pain de Sucre avec un coucher de soleil époustouflant. La plage de Vidigal est plus petite et tranquille, détonnant avec les autres plages de Rio. Une autre option est de se diriger vers l’ouest de Rio de Janeiro et Barra da Tijuca, même si je trouve que les plages n’ont pas le charme de celles de la Zone Sud de Rio, à l’exception de la confidentielle plage de Joatinga. Pour la zona sul, je suggère également les plages de Flamengo et Arpoador. Il n’est pas toujours conseillé de se baigner à la plage de Flamengo en raison de la proximité avec le port, mais elle est précédée d’un parc (Aterro do Flamengo) et reste donc très animée et fréquentée par les locaux. Le dernier incontournable est à Arpoador, entre Ipanema et Copacabana, où il faudra arriver tôt ou se frayer un chemin pour voir l’un des plus beaux couchers de soleil de Rio.

Enfin, je parlerai de « ma » plage, celle de São Conrado, fréquentée par les habitants de Rocinha, la favela où j’habitais. Elle a donc deux visages : très calme la semaine, très animée le week-end. Il y a peu de touristes et est très sûre, avec une animation le week-end qui rappelle la favela elle-même. Les courants sont forts, ce qui fait le bonheur des nombreux surfeurs, mais qui peut aussi être surprenant lors de la baignade pour ceux qui ont moins l’habitude. De façon générale, il convient de regarder la couleur du drapeau sur la plage avant d’envisager une baignade.

Je dois également parler de sécurité avec un phénomène heureusement assez rare mais qui peut arriver, l’arrastão. Des jeunes par dizaines envahissent la plage pour tenter de voler les touristes et cariocas. Il faut donc être vigilant en cas de mouvement de foule et si besoin, fuir de l’autre côté de la plage ou enterrer dans le sable ses affaires. Il ne faut de toute façon jamais laisser ses affaires sans surveillance ou laisser son portable en évidence. Si vous êtes seul et vous voulez aller vous baigner, vous pouvez demander à une famille sur la plage de garder vos affaires. De même, il faut toujours rester maître de soi-même et éviter d’être trop alcoolisé. Attention donc aux caipirinhas qui peuvent vite monter à la tête !
Je finis cet article par une tradition qui mériterait d’être exportée. Lorsqu’un enfant est perdu sur la plage, les gens applaudissent afin de permettre à ses parents de le retrouver rapidement et tranquillement, et de permettre à tout le monde de continuer à profiter des plages de la Cité Merveilleuse.





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