Brésil & Culture #5 : Les 4 grands clubs de Rio

À Rio de Janeiro comme dans le reste du Brésil, le football est une religion. Tout le monde a une équipe de football, même ceux qui ne regardent jamais de match. Le club choisi, ou imposé, vient d’un match en particulier, d’un joueur, d’un souvenir, d’une période, mais il est souvent hérité de la passion d’un parent, bien souvent du père, parfois de la mère, de grand-parents, d’un oncle ou d’un frère. Supporter un club devient une affaire de famille, une affaire d’identité également.

Rio de Janeiro présente une particularité au Brésil puisque quatre grands clubs jouent dans la ville, là où les autres villes ont deux clubs (Cruzeiro et Atlético Mineiro à Belo Horizonte, Grêmio et Internacional à Porto Alegre, Bahia et Vitória à Salvador, Fortaleza EC et Ceará à Fortaleza) avec parfois un troisième club qui vient bousculer l’ordre habituel. Quelques rares exceptions ont trois clubs d’importance plus ou moins égale, comme les villes de São Paulo (Corinthians, Palmeiras et São Paulo FC) et Recife (Sport, Santa Cruz et Naútico). À Rio de Janeiro, la ville est divisée footballistiquement en quatre : Flamengo, Fluminense, Vasco et Botafogo.

Parmi les championnats nationaux les plus prestigieux du monde, d’autres villes abritent quatre clubs ou plus en première division, comme Londres, Buenos Aires, Santiago ou Moscou. Il y a en général deux ou trois clubs qui se détachent des autres alors qu’à Rio de Janeiro les quatre clubs ont dominé la scène régionale, nationale ou plus. Ainsi, les dernières Copa Libertadores, la plus grande compétition de clubs d’Amérique du Sud, ont été remportées par des clubs de Rio de Janeiro : Flamengo en 2022, Fluminense en 2023, Botafogo en 2024 alors que Vasco a remporté une fois le trophée, en 1998. Afin de parler futebol à Rio, petit tour d’horizon des quatre forces en présence.

Fluminense

Commençons chronologiquement avec le club de football le plus ancien, Fluminense. À la fin du XIXe siècle, les riches intègrent le sport à leur mode de vie, notamment l’aviron, favorisé par la Baie de Guanabara. De nombreux clubs sont fondés, dont Flamengo, Vasco et Botafogo, mais le football est encore inconnu. Oscar Cox, fils d’un Anglais et d’une Brésilienne de Rio de Janeiro, est envoyé pour ses études en Suisse, où il y découvre le football. À son retour à Rio de Janeiro en 1897, il tente de diffuser ce nouveau sport, mais la déjà restreinte communauté anglaise de la ville préfère le cricket. Le football se développe d’abord à São Paulo et des premiers matchs entre São Paulo et Rio de Janeiro sont organisés en 1901. Le 21 juillet 1902, Oscar Cox et d’autres jeunes de l’élite carioca fondent le Fluminense Football Club, gardant encore aujourd’hui l’orthographe anglaise de « football ». Le nom « Fluminense » vient quant à lui du latin « flúmen », qui désigne fleuve, fluminense étant également le nom des habitants de l’État de Rio de Janeiro.

Les premières couleurs de Fluminense sont le gris et le blanc. Lors d’un voyage en Angleterre en 1904, Oscar Cox peine à trouver des maillots gris et blancs et se rabat sur un jeu de maillots aux couleurs désormais mythiques : le vert, grenat et blanc. D’autres clubs de football sont fondés à Rio de Janeiro et la première édition du championnat carioca a lieu en 1906. Fluminense remporte le premier match du championnat, 7-1 contre Paysandu, et décroche les trois premiers championnats. Fluminense s’établit dans le riche quartier de Laranjeiras et ses sócios font partie de l’élite carioca, à l’image de l’écrivain Coelho Netto ou du richissime homme d’affaires Arnaldo Guinle. Encore aujourd’hui, Fluminense garde l’image d’un club aristocrate, dont les supporters font partie des classes les plus aisées.

Le club construit en 1919 le stade Laranjeiras, qui accueille le premier championnat sud-américain organisé au Brésil. Les premières idoles du club sont Oswaldo Gomes, l’élégant gardien et historien Marcos de Mendonça ou encore le « tank anglais » Harry Welfare. Fluminense remporte le tricampeonato entre 1917 et 1919, répétant cette performance entre 1936 et 1938. À cette époque, Fluminense adopte le professionnalisme, après avoir longtemps lutté contre cette pratique, qui entraînerait la perte de prestige du football. Le club recrute cependant en majorité des joueurs d’origine italienne et renforce son statut de club riche, en opposition à Flamengo, qui devient le club du peuple. Le « Fla-Flu » est le clássico le plus mythique de Rio de Janeiro, aidé par les chroniques des journalistes Nelson Rodrigues et Mário Filho. Fluminense est ainsi appelé « pó de arroz », ou « poudre de riz », la légende voulant qu’un joueur noir de Fluminense ait passé de la poudre de riz sur son visage pour paraître blanc. Le terme « poudre de riz » était utilisé auparavant par les supporters rivaux de Fluminense, avant d’être adopté par les supporters de Flu eux-mêmes, qui lancent de la poudre de riz avant les matchs.

Avec des joueurs comme Didi, le gardien Castilho ou le futur entraîneur Telê Santana, Fluminense remporte le championnat carioca en 1951, le deuxième de l’histoire du Maracanã. Le Tricolor, surnom du club en référence à ses couleurs, décroche également le titre en 1969 après un « Fla-Flu » remporté au Maracanã devant près de 190 000 spectateurs. L’une des plus belles équipes de l’histoire du club est connue sous le nom de la « Máquina » avec des joueurs comme Rivelino, Carlos Alberto Torres, Paulo César ou encore l’Argentin Doval, qui remportent le championnat carioca en 1975 et 1976. Fluminense obtient un nouveau tricampeonato entre 1983 et 1985, remportant également le Brasileirão 1984, avec comme nouvelles idoles Washington, Assis et Romerito. Autre championnat marquant, le championnat carioca 1995, remporté après un Fla-Flu inoubliable et un but du ventre, le « gol da barriga » de Renato Gaúcho. Ces victoires face au grand rival ont amené un slogan utilisé par les supporters tricolores : « Ganhar Fla-Flu é normal ».

En 1999, Fluminense dispute la troisième division nationale, la Série C, ce qui entraîne les moqueries des supporters rivaux, qui appellent le club « FluminenC ». Depuis, Fluminense a récupéré son prestige, remportant le Brasileirão en 2010 et 2012, emmené notamment par Deco et Fred. Surtout, Fluminense a remporté la première Copa Libertadores de son histoire en 2023, grâce notamment à Marcelo, Ganso et Germán Cano. Le club reste encore aujourd’hui associé aux classes aisées, même si la direction cherche à s’éloigner de cette image. Ainsi, la mascotte du club, le « Cartola » qui représente un aristocrate vêtu d’un chapeau haut-de-forme, est remplacé en 2016 par un « guerreiro », les guerriers étant un autre surnom du club.

Botafogo

Botafogo est fondé pour sa part en 1904 par des jeunes de 14 à 15 ans, qui étudient au collège Alfredo Gomes. Le premier nom du club est Electro Club, mais est changé deux mois plus tard sur une idée de la grand-mère de l’un des fondateurs, Flávio Ramos, qui souhaite rendre hommage au nom du quartier où étudient les jeunes. Le Botafogo Football Club joue en noir et blanc, le fondateur Itamar Tavares, qui a étudié en Italie, étant fan de la Juventus de Turin. Botafogo participe au premier championnat carioca, en 1906, et remporte le championnat l’année suivante, un titre qui sera officialisé par la fédération de Rio de Janeiro en 1996 seulement. En 1909, Botafogo bat Mangueira sur le score de 24-0, plus grande victoire du football brésilien, et remporte un nouveau titre en 1909, gagnant le surnom de O Glorioso.

Botafogo inaugure en 1913 son nouveau stade, le General Severiano dans le quartier de Botafogo, mais ne gagne plus le championnat carioca de 1912 à 1930. Dans les années 1930, Botafogo est le dernier club à résister au professionnalisme et réalise un tetracampeonato inédit et encore unique au sein du football carioca, remportant quatre fois consécutivement le championnat entre 1932 et 1935. Le football est divisé avec deux championnats à Rio de Janeiro entre les adeptes du professionnalisme et les défenseurs de l’amateurisme, Botafogo disputant un championnat sans les clubs principaux de la ville. Le Fogão, autre surnom du club, cède de nombreux joueurs à la sélection brésilienne pour disputer la Coupe du monde, notamment Nilo en 1930 et Carvalho Leite en 1934.

En 1942, un match de basket oppose Botafogo Football Club et Club de Regatas de Botafogo, alors deux clubs distincts. Au cours du match, un joueur décède d’un arrêt cardiaque. Dans la tragédie, les deux clubs s’unissent et fusionnent pour donner naissance au Botafogo de Futebol e Regatas. À l’époque, le principal joueur de Botafogo est Heleno de Freitas. Alors que de nombreux pauvres jouent au football grâce à la professionnalisation du sport, Heleno de Freitas est diplômé en droit et vient d’une famille aisée. Gentleman en dehors du terrain, il devient irascible sur la pelouse et est l’un des premiers « craque problema » du football brésilien, ces joueurs extrêmement doués mais également problématiques, entre égo surdimensionné, sorties nocturnes et aventures avec des femmes. Botafogo ne gagne cependant pas le championnat carioca et attend le départ de Heleno pour être sacré, en 1948. Le principal joueur est alors le latéral-gauche Nílton Santos. Le stade actuel de Botafogo, l’Engenhão, inauguré en 2007 et qui accueille des épreuves des Jeux Olympiques, porte d’ailleurs le nom officiel de Stade Olympique Nílton Santos.

Un autre personnage emblématique de cette période est le président Carlito Rocha, déjà sacré champion carioca en tant que joueur en 1912 et en tant qu’entraîneur en 1935. Extrêmement superstitieux, il adopte le chien Biriba, qui devient la mascotte du club et ne rate aucun match au bord du terrain. Carlito Rocha est à l’origine de nombreuses légendes et superstitions du club, et encore aujourd’hui, on dit que Botafogo est le club des superstitieux. En raison d’anciens joueurs diplômés et de supporters célèbres comme les poètes Vinícius de Moraes et Olavo Bilac, Botafogo est également considéré comme le club des intellectuels.

Le nom le plus connu du club est cependant Garrincha, l’un des meilleurs joueurs du football brésilien, qui remporte deux fois la Coupe du monde aux côtés de Pelé. Garrincha fait du dribble un art et permet à Botafogo, mené également par Didi, Zagallo et Quarentinha, de remporter le championnat carioca en 1961 et 1962. Une nouvelle génération avec Gérson, Paulo César et Jairzinho permet à Botafogo de réaliser un nouveau doublé en 1967 et 1968. Porté par Garrincha et Jairzinho, puis Túlio, qui permet à Botafogo de remporter le Brasileirão 1995, le numéro 7 a une signification particulière pour le club.

Botafogo a connu des périodes de gloire et de disette, restant de longues années sans remporter de titres. Le Fogão est également le club à avoir cédé le plus de joueurs à la sélection pour la Coupe du monde, 47 joueurs entre 1930 et 2014 ! Ce passé glorieux, ainsi que son surnom de Estrela Solitária, l’étoile solitaire en raison de son logo frappé d’une simple étoile, font de Botafogo un club à part. Après avoir connu à trois reprises la relégation en deuxième division, le Glorioso, racheté par l’Américain John Textor, décroche la première Copa Libertadores de son histoire en 2024, redevenant un cador du football brésilien.

Flamengo

Le Clube de Regatas do Flamengo est fondé en 1895 comme club d’aviron, sport le plus populaire de Rio à l’époque. Le nom « Flamengo » vient du quartier où il est fondé, bordé par la plage du même nom. Le club évolue en jaune et bleu, mais les couleurs des maillots se détériorent rapidement dans l’eau et sont remplacées par le rouge et le noir. En 1911, un conflit interne au sein de Fluminense amènent les joueurs, qui pratiquaient l’aviron à Flamengo, à créer une section football au sein du club rubro-negro. Sans terrain d’entraînement, Flamengo s’entraîne dans la rue, le long de la plage de Russel, ce qui lui permet de croître rapidement en popularité. Avec une équipe composée essentiellement de futurs médecins, comme Nery, Píndaro et Alberto Borgerth, Flamengo remporte le championnat carioca en 1914 et 1915.

En 1927, un concours du Jornal do Brasil fait de Flamengo « le club le plus aimé du Brésil », offrant à Flamengo le surnom de « o mais querido ». La diffusion de la radio, qui retransmet les matchs de Flamengo, et le professionnalisme, officialisé en 1933, renforcent ce statut. Le président du club, José Bastos Padilha, recrute les meilleurs joueurs du pays, les Noirs Leônidas, Domingos et Fausto, faisant de Flamengo un club du peuple, en opposition au riche Fluminense, qui continue d’engager des joueurs blancs. Mário Filho oppose ainsi le « pó de arroz » de Fluminense au « pó de carvão » de Flamengo, la poudre de charbon. La légende du Fla-Flu s’écrit dans la nouvelle enceinte de Flamengo, le stade Gávea, où le Mengão remporte le championnat en 1939 puis 1942, 1943 et 1944. Rubens succède à Zizinho dans le cœur des supporters et Flamengo décroche un nouveau tricampeonato entre 1953 et 1955, dans le gigantesque Maracanã. L’affluence au stade dépasse régulièrement les 100 000 spectateurs lors des matchs de Flamengo, club supporté par toutes les classes sociales de la ville. « Chaque Brésilien est un peu rubro-negro » juge ainsi Nelson Rodrigues, quand son frère Mário Filho écrit : « Pourquoi Flamengo est le club le plus aimé au Brésil ? Car il se laisse aimer à volonté ».

Flamengo devient notamment la passion et le divertissement de nombreuses personnes pauvres de la ville, regroupées dans les favelas. Les rivaux dénigrent ces supporters modestes, qu’ils qualifient de « Urubu », du nom d’un vautour. En 1969, quatre supporters de Flamengo entrent au Maracanã avec un urubu, qui vole dans le stade, défiant les supporters de Botafogo. Flamengo, qui n’avait plus battu Botafogo depuis quatre ans, remporte le match. Les supporters de Flamengo adoptent pleinement comme symbole l’urubu, autrefois offense raciste des rivaux.

Flamengo vit son âge d’or entre les années 1970 et 1980 avec de nombreux joueurs formés au club, comme Júnior, Leandro, Adílio et Andrade. La plus grande idole des supporters est cependant Zico, qui remporte sept fois le championnat carioca et quatre fois le championnat national (1980, 1982, 1983, 1987). Flamengo décroche également la première Copa Libertadores d’un club carioca, en 1981, et remporte à la fin de cette année le Mondial des clubs face à Liverpool. Les titres, ainsi que la diffusion de nombreux matchs à la TV Globo, permettent à Flamengo de rester le club le plus populaire du Brésil. Des 10 plus grandes affluences de l’histoire du Maracanã, six matchs impliquent Flamengo, les quatre autres étant des rencontres de la sélection brésilienne.

Dans les années 1990 et 2000, Flamengo alterne les crises et les moments de gloire, attirant ou formant des joueurs d’exception comme Romário, Adriano, Ronaldinho ou plus récemment Vinícius Júnior. Dernièrement, Flamengo remporte la Copa Libertadores en 2019 et 2022, attirant une nouvelle génération de supporters, séduits par des joueurs charismatiques comme Gabigol ou Arrascaeta. Environ la moitié des supporters d’un club de Rio supporte Flamengo. Les maillots rouges et noirs sont partout à Rio, au Maracanã, sur les plages, dans les rues ou favelas, les supporters rubro-negros chantant « Festa na favela » lors des titres.

Flamengo est le club le plus supporté de la ville, mais aussi le plus détesté, les supporters des autres clubs cariocas considérant Flamengo comme le plus grand rival. Au-delà même de Rio, Flamengo compte de nombreux supporters au Brésil, notamment dans la région du Nordeste. La passion contagieuse des fans attire également les touristes étrangers, notamment ceux qui ont la chance d’assister à un match au Maracanã, où l’ambiance est toujours exceptionnelle.

Vasco

Comme Flamengo, Vasco est d’abord un club d’aviron, fondé en 1898 par des immigrés portugais, sous le nom de Club de Regatas Vasco da Gama. Le nom est en hommage au célèbre navigateur portugais, dont le quatrième centenaire de la découverte de la Route des Indes est célébré à ce moment-là. La Croix de Malte est adoptée comme symbole, ce qui vaut au club le surnom de « cruzmaltino ». Le maillot est noir, coupée d’une bande blanche diagonale, le noir représentant l’inconnu des mers, et la bande blanche la route lumineuse. Non sans réticence, les sócios du club acceptent en 1915 l’incorporation de Lusitânia, club de football fondé par des Portugais, afin de créer une section football au sein de Vasco.

Vasco débute en troisième division du championnat carioca et accepte dans ses rangs tous les joueurs, peu importe la classe sociale ou la couleur de peau. Les clubs traditionnels de la zone sud de Rio, comme Flamengo, Fluminense et Botafogo, acceptent seulement des joueurs amateurs, qui n’ont pas besoin du football pour vivre, ce qui permet de garder le prestige du sport. Vasco accède à la première division pour la première fois en 1923, les joueurs reçoivent de l’argent et peuvent s’entraîner tous les jours, parvenant ainsi à battre les grands clubs. Si en première division Bangu alignait déjà des joueurs noirs auparavant dans son équipe, les succès de Vasco irritent les grands clubs, qui dénoncent le professionnalisme de Vasco et l’analphabétisme de ses joueurs. Dès sa première année parmi l’élite, Vasco remporte le titre, réunissant dans son équipe des joueurs noirs et portugais, deux groupes fréquemment discriminés.

Afin d’écarter Vasco, les grands clubs de la ville fondent une nouvelle ligue et demandent à Vasco d’exclure douze de ses joueurs, tous noirs, au prétexte qu’ils exercent une « profession douteuse ». Dans sa « Resposta Histórica », la « réponse historique », le président de Vasco refuse d’accéder à la demande, conservant ses joueurs dans son effectif. Avec le soutien des commerçants portugais, la direction de Vasco construit en 1927 le stade du São Januário, alors plus grande enceinte du Brésil et toujours stade actuel de Vasco. Le stade est construit à proximité d’une colline, offrant à Vasco le surnom de « Gigante da Colina ». Grâce à ce stade, autre exigence des grands clubs, Vasco réintègre le championnat carioca, qu’il remporte en 1929. Par sa réponse ferme et son soutien aux joueurs noirs, Vasco garde l’image d’un club populaire et à la conscience raciale forte.

Vasco connaît dans les années 1940 la meilleure génération de son histoire, avec des joueurs comme Barbosa, Danilo, Jair ou encore Ademir. L’équipe est connue sous le nom de « Expresso da Vitória » et remporte le championnat sud-américain des clubs 1948 ainsi que cinq fois le championnat carioca entre 1945 et 1952. L’équipe souffre pourtant de la défaite du Brésil lors de la Coupe du monde 1950 puisque six de ses joueurs sont titulaires en équipe nationale. Vasco remporte à nouveau le championnat carioca en 1956 et 1958 (ainsi que le tournoi de Paris 1957 face au Real Madrid), avant de connaître une disette de douze ans sans titre.

À l’image de Flamengo avec Zico, Vasco voit sa plus grande idole, l’attaquant Roberto Dinamite, évoluer au club entre les années 1970 et 1980. Décédé en 2023 des suites d’un cancer, Roberto Dinamite remporte cinq fois le championnat carioca avec Vasco et est toujours le meilleur buteur de l’histoire du club, du championnat carioca et du Brasileirão. Vasco est aussi le club formateur de la légende Romário, qui permet au club cruzmaltino de remporter le championnat carioca en 1987 et 1988, et de Edmundo, autre enfant terrible du football brésilien. Déjà vainqueur du Brasileirão en 1974 et 1989, Vasco remporte le championnat national en 1997 et pour la dernière fois en 2000. À cette époque, le vice-président Eurico Miranda enflamme la rivalité contre Flamengo, enchaînant les provocations. Si le Fla-Flu est le clássico le plus célèbre et romantique de la ville, le Clássico dos Milhões entre Flamengo et Vasco est vraiment celui qui déchaîne les passions à Rio de Janeiro.

Depuis 2008, Vasco est descendu en deuxième division à quatre reprises, mais par son histoire, sa lutte pour les minorités et son implantation dans la zone nord de Rio, plus modeste que la zone sud, Vasco est après Flamengo le club le plus soutenu de Rio de Janeiro, notamment dans les favelas. Moins nombreux que les supporters de Flamengo, les fans de Vasco ont la réputation d’être encore plus passionnés, ce qui peut se vérifier en assistant à un match au São Januário, surnommé le « chaudron ».

Ainsi, peu importe que vous soyez élégant et distingué comme Fluminense, superstitieux et solitaire comme Botafogo, Brésilien dans l’âme et passionné comme Flamengo, militant et fanatique comme Vasco, vous trouverez votre compte parmi ces équipes et le futebol à Rio de Janeiro ne pourra pas vous laisser indifférent.

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