Dans l’optique d’un séjour à Rio, cet article a pour but de présenter quelques-uns des quartiers de la Ville Merveilleuse. Il s’agit donc de quartiers où loger, plutôt dans la Zone Sud de Rio, celle habitée par les riches et fréquentée par les touristes, avec quand même en fin d’article quelques options pour ceux qui veulent découvrir une favela autrement que par un tour.
Avant les quartiers, un petit point sur la météo et la période de l’année où il est préférable de partir à Rio. Les saisons sont inversées par rapport à l’Europe, mais il fait beau toute l’année, avec un pic de chaleur en décembre et janvier (période qui peut être étendue de novembre à mars). Les températures peuvent facilement dépasser les quarante degrés et la période n’est donc pas idéale pour ceux qui souffrent de la chaleur. Je trouve cependant que la chaleur est plus agréable à Rio qu’en France, on a moins le sentiment d’étouffer, même si le soleil tape dur. Entre mai et septembre, les températures sont plus proches des 25° avec parfois de la grisaille. Même si on associe Rio au soleil, les pluies tropicales peuvent être fréquentes et impressionnantes, avec des précipitations plus importantes entre novembre et avril.
Passons désormais aux quartiers de Rio avec les deux quartiers les plus célèbres, Copacabana et Ipanema, bordés par leur plage à la renommée mondiale. En plus des innombrables hôtels, il y a beaucoup d’options d’auberges dans ces quartiers, avec la possibilité de rencontrer des Brésiliens et des étrangers. J’utilisais le site Booking pour réserver et j’avais beaucoup aimé le Che Lagarto Hostel de Copacabana et le Maresias de Leme, quartier collé à Copacabana. D’ailleurs, je préfère la partie est de Copacabana (entre le posto 2 et 3, ou aux stations de métro Cardeal Arcoverde et Siqueira Campos) plutôt que l’ouest vers Cantagalo et le posto 5 de la plage. Ipanema est plus paisible que Copacabana et il y a aussi beaucoup de Français, donc cela peut être une bonne option, même si je préfère Copacabana. Vous aurez dans ces deux quartiers de nombreux choix de restaurants, ainsi que le métro et les plages accessibles à pied. En revanche, les prix aussi bien du logement que de la nourriture sont plus élevés que dans d’autres quartiers de Rio.
Une option plus économique est le quartier de Botafogo, très agréable, à la fois calme et animé, avec de nombreux bars. Il y a également une station de métro et la plage est peu fréquentée car il n’est pas toujours possible de s’y baigner, mais les autres plages de la Zone Sud restent proches du quartier. Un autre avantage de Botafogo est une vue souvent dégagée sur le Christ Rédempteur, très proche du quartier. Un peu plus au nord, les quartiers de Flamengo, Catete et Glória offrent un bon mix entre tranquillité et vie de quartier, avec toujours le métro à proximité, ce qui peut donc être des choix parfaits pour un voyage un peu plus long. À côté de Botafogo, je recommanderais également Urca, un petit quartier au pied du Pain de Sucre, qui donne une ambiance de village. Les options pour manger sont réduites mais la mureta da Urca, où les gens viennent prendre un verre au pied de la Baie, est l’un de mes endroits préférés de Rio.
Plus éloignée de la Zone Sud, une option souvent prise par les voyageurs est le quartier de Santa Teresa, souvent comparé à Montmartre. Même si c’est un quartier où l’art est très présent et où « ça grimpe », personnellement je ne retrouve pas l’ambiance de Montmartre. Le quartier vaut le coup d’être visité, mais je le déconseillerais pour y loger. Il n’y a pas de stations de métro et il faudra donc recourir au uber et moto-taxi pour se déplacer. Ce qui peut être très frustrant à l’heure de sortir ou de rentrer, puisque de nombreux uber refusent de se rendre dans le quartier, par peur de braquages. Le quartier est plutôt sûr, mais en raison des pavés et de l’allure modérée des voitures ainsi que des escaliers pour s’échapper facilement, le risque d’un braquage reste présent. Des autres options plus éloignées de Copacabana avec des prix élevés mais des logements qui peuvent être exceptionnels sont les quartiers de Gávea et Barra da Tijuca. Gávea reste dans la Zone Sud de Rio alors que Barra da Tijuca est à l’ouest et a un côté américain avec plages, buildings, shoppings et boîtes de nuit.
Pour finir, les options dans les favelas, avec d’abord Vidigal, où de nombreux logements pour tous les prix sont disponibles sur Airbnb. La favela est ouverte au tourisme et le trafic est présent mais plutôt discret. La favela est plus sûre que certaines rues de Copacabana, même s’il vaut mieux éviter de s’aventurer dans les ruelles que vous ne connaissez pas. La favela est construite à partir d’une rue principale, qui grimpe (beaucoup), il est donc assez facile de descendre à pied et des moto-taxis sont disponibles toute la journée (et la nuit). Cela peut être une expérience très intéressante à faire à Rio et les gens sont très accueillants, à condition évidemment de les respecter. Il faut en effet avant de venir se poser la question sur vos motivations à venir dans une favela, si c’est pour rencontrer les habitants et découvrir leur façon de vivre, ou au contraire un tourisme plus malsain et voir de la pauvreté ou des armes…
J’ai aussi passé des nuits dans les favelas de Babilônia, Pereira da Silva et Tavares Bastos. Babilônia est dans le quartier de Leme, elle est donc très bien située avec en plus un bon choix de restaurants et de pousadas, les auberges de jeunesse brésiliennes. Pereira da Silva est une petite favela sur le haut de Laranjeiras, l’un des quartiers les plus riches de Rio. Il y a à Pereira da Silva une auberge tenue par un Français, j’étais pour ma part dans une autre auberge et il y a aussi le restaurant ABCD, qui offre une vue incroyable sur Rio. Les touristes ne sont donc pas rares et je me suis très bien senti dans la favela, faisant quelques rencontres merveilleuses. Tavares Bastos, dans le quartier de Catete, est la seule favela de Rio réellement pacifiée et où il n’y a aucun trafiquant, puisque les quartiers généraux du BOPE, l’unité d’élite de la police militaire, sont situés à côté de la favela. Elle est donc différente de toutes les autres favelas, mais a certaines problématiques identiques, concernant l’accès à la santé et à l’éducation. Loger dans une favela, même pour quelques jours, est donc aussi un moyen de soutenir le commerce local, surtout pour des petites favelas avec peu de touristes.
Mis à part ces favelas, j’ai surtout habité à Rocinha, où j’ai passé un an dans la favela. Elle est située dans le quartier de São Conrado, de l’autre côté du Mont Dois Irmãos par rapport à Vidigal. Elle est souvent présentée à tort comme la plus grande favela d’Amérique latine, le recensement de 2022 donne 72 000 habitants, même s’il est difficile d’avoir des données fiables. Rocinha surprend en tout cas par sa taille et sa densité, avec près de 50 000 habitants au km² ! Si Rio est une ville intense, Rocinha est encore plus intense. Elle vit toujours, ne s’arrête jamais et c’est même lorsqu’il y a du silence qu’elle devient inquiétante. Je suis déjà rentré en semaine à 3-4 heures du matin en ayant l’impression qu’on était un samedi à 22 heures. Certaines favelas, comme Pereira da Silva, Babilônia ou même Vidigal sont très calmes en semaine le soir, et j’ai adoré l’activité incessante de Rocinha.
D’autres aspects m’ont attiré à Rocinha, le métro en bas de la favela et les prix, que ça soit pour le logement ou les commerces. Il est moins facile de trouver un logement à Rocinha qu’à Vidigal, j’ai d’abord habité dans un « república », un logement partagé, trouvé sur Airbnb, puis j’ai habité dans un logement seul que j’ai trouvé par le bouche-à-oreille. Autre avantage de Rocinha, la grande variété de restaurants ou de street food à des prix abordables. Même si ça peut paraître cliché, j’ai aussi adoré la chaleur des gens de Rocinha. Les habitants de Rio sont déjà très chaleureux et accueillants, et cette impression réelle est encore plus forte à Rocinha. Cela va assez vite à connaître de nouvelles personnes et les gens sont toujours heureux de vous voir.
Dernier point qui peut sembler contre-intuitif mais qui est aussi réel est la sécurité dans la favela. Il y a pourtant des trafiquants lourdement armés dans certaines rues, mais il n’y a pas de danger à passer devant eux. Le vol est interdit dans la favela et vous serez donc plus en sécurité à Rocinha qu’à Copacabana. Je déconseillerais cependant de vous aventurez seul dans un beco, ces milliers de ruelles dans la favela, si vous ne savez pas où vous allez, certains coins isolés sont moins accueillants que le reste de la favela. Il y a cependant, parallèlement à l’activité ininterrompue, une paisibilité surprenante et je n’ai jamais eu de problème en me baladant dans Rocinha. Une option peut être de faire avant un tour avec un guide, de nombreux guides locaux proposent des tours dans Rocinha, pour voir votre ressenti sur la favela. Une chose est sûre, tout le monde peut trouver son bonheur à Rio tant cette ville est riche dans sa variété et ses différences entre quartiers.






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