Brésil & Culture #2 : La découverte du Brésil

Peuplé d’environ 7 millions d’indigènes avant l’arrivée des Européens, le futur territoire brésilien est découvert par le navigateur portugais Pedro Álvares Cabral. Pendant longtemps, la date retenue de la découverte du Brésil fut le 3 mai 1500, avant d’être établie au 22 avril 1500 grâce à la Lettre de Pero Vaz de Caminha.

En 1453, la prise de Constantinople par l’Empire ottoman ferme la route vers l’Orient aux puissances européennes. En concurrence, les royaumes du Portugal et de Castille cherchent de nouvelles routes afin de continuer le commerce, notamment des épices, avec l’Inde. Après avoir essuyé un refus des Portugais, le navigateur génois Christophe Colomb obtient un financement de l’Espagne pour une expédition vers l’Ouest. Le 14 octobre 1492, Christophe Colomb « découvre l’Amérique » en arrivant au niveau des îles des Caraïbes.

La découverte de ces nouvelles terres aboutit à un traité entre le Portugal et l’Espagne afin d’éviter de nouvelles guerres. Le Traité de Tordesillas, signé en 1494, trace une ligne à 370 lieues à l’ouest du Cap-Vert, les terres découvertes à l’ouest de cette ligne appartenant à l’Espagne et celles à l’est au Portugal. En 1498, le navigateur portugais Vasco da Gama mène à bien son expédition en atteignant l’Inde après avoir franchi le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique.

Ce succès motive le Portugal à organiser une nouvelle expédition, menée par Pedro Álvares Cabral. La flotte, composée de 13 embarcations et de 1 200 à 1 500 hommes, quitte Lisbonne le 9 mars 1500. À la différence de l’expédition de Vasco da Gama, celle de Pedro Álvares Cabral part en direction de l’ouest après avoir atteint les îles du Cap-Vert, profitant des courants marins. Le 22 avril 1500, Pedro Álvares Cabral aperçoit une nouvelle terre, sans savoir s’il s’agit d’une île ou d’une terre ferme. En raison de la période de l’année, l’endroit est nommé Mont Pascoal et se situe au sud de l’État actuel de Bahia.

Les hommes de Pedro Álvares Cabral attendent le lendemain pour débarquer, où ils rencontrent une vingtaine de Tupiniquins, des indigènes qui parlent une langue tupi-guarani. Les premiers échanges sont cordiaux, comme le relate l’écrivain de bord Pero Vaz de Caminha dans une lettre destinée au roi Manuel Ier et publiée pour la première fois en 1817 : « Nous leur avons montré un perroquet que le capitaine avait avec lui. Ils l’ont pris immédiatement et ont pointé le sol, comme pour dire qu’il y en avait ici. Nous leur avons montré un mouton ; ils n’y ont pas prêté attention, une poule : ils en ont eu peur, ils ne voulaient pas la toucher, pour la prendre ensuite, avec une grande admiration dans les yeux. Nous leur avons donné à manger : du pain, du poisson cuisiné, des gâteaux et confiseries, du miel et des figues. Ils n’ont presque rien voulu manger et s’ils essayaient quelque chose, ils le crachaient de suite avec dégoût ».

Dans sa lettre, Vaz de Caminha décrit également les Tupiniquins comme « des hommes bruns, de bons visages, de bons nez, bien faits. Ils marchent nus, sans que rien ne couvre leurs parties honteuses, ils le font avec autant d’innocence que s’il s’agissait de leur visage ». Les Portugais sont rassurés de voir que les indigènes ne sont pas circoncis, à la différence des musulmans d’Afrique avec qui les combats peuvent être féroces. Les Portugais s’établissent un peu plus au nord du lieu de débarquement, dans un lieu qu’ils nomment « Porto Seguro », le havre. Le nouveau territoire est lui nommé par Pedro Álvares Cabral « Ilha de Vera Cruz », l’Île de la Vraie Croix, qui devient ensuite « Terra de Santa Cruz ».

Une première messe catholique, à laquelle assistent des Tupiniquins, est célébrée au Brésil le 26 avril par le frère Henrique de Coimbra. Les Portugais ne s’attardent cependant pas sur ces nouvelles terres. Dès le 2 mai, la flotte repart vers l’objectif initial des Indes alors qu’un bateau prend la direction de Lisbonne afin d’informer le roi de l’« achamento », la trouvaille. Les Portugais emportent des perroquets, des singes, du bois et… quelques indigènes. Ils laissent sur place des condamnés au Portugal, les « degregados », afin d’en apprendre plus sur le territoire et ses habitants lors d’un futur voyage. Pedro Álvares Cabral reprend la route vers l’Inde et perd la moitié de sa flotte, entre tempête au large de l’Afrique et attaque par des musulmans à Calicut, entraînant la mort de 50 Portugais, dont Pero Vaz de Caminha. Pedro Álvares Cabral rentre au Portugal en 1501, mais perd les faveurs du Roi et meurt dans l’oubli en 1520.

À la Terre de la Sainte-Croix, les échanges entre indigènes et Portugais se limitent dans les premières années à l’exploitation d’un arbre, dont la teinte rouge permet de colorer les fils de coton. Cet arbre donne progressivement son nom au nouveau territoire : le pau-brasil.

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